accord
de défense franco-allemand
M.
le président. La parole est
à M. Joël Guerriau.
M.
Joël Guerriau. Ma question
s'adresse à M. le ministre de la défense et des anciens combattants.
Les liens qui nous unissent à l’Allemagne dans tous
les domaines sont très forts depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Engagé par le général de Gaulle, le rapprochement des deux pays
a été constant durant soixante ans et s’est renforcé au
moment de la chute du mur de Berlin, de la création de l’euro,
jusqu’aux mesures économiques actuelles.
Aujourd’hui encore, la grave crise que traverse
l’euro a souligné la nécessité de travailler main dans la
main avec l’Allemagne.
Il en va de même dans le domaine de la défense
depuis le traité de l’Élysée du 22 janvier 1963, qui
remonte donc déjà à près de cinquante ans ! Je
voudrais mettre en relief l’actualité, parfois méconnue, de ces
actions menées avec l’Allemagne.
Monsieur le ministre, le 23 novembre dernier, vous avez
rencontré, à Berlin, le ministre fédéral de la
défense, Thomas de Maizière. Vous avez en outre participé
à une audition devant la commission de la défense du Bundestag. Le
6 juillet dernier, le ministre allemand était lui-même intervenu
à Paris devant la commission de la défense et des forces armées
de l’Assemblée nationale et la commission des affaires
étrangères, de la défense et des forces armées du
Sénat.
Ce dialogue vise à obtenir des résultats concrets
pour le renforcement de la défense européenne et la contribution
commune à la sécurité internationale, sur le fondement
d’intérêts réciproques et d’une confiance
partagée.
La brigade franco-allemande, composée de
2 800 soldats allemands et 2 300 soldats français,
était engagée dans les Balkans et en Afghanistan. Elle est
désormais stationnée dans nos deux pays. La France accueille en
permanence sur son sol une unité allemande et nos militaires stationnent
dans le sud-ouest de l’Allemagne. Monsieur le ministre, pouvez-vous nous
renseigner sur l’action de la brigade franco-allemande et sur ses
prochaines missions ?
Dans le même esprit, au mois de septembre 2011, un
échange a été organisé entre fonctionnaires et experts des
deux pays afin de permettre une meilleure compréhension des enjeux et de
concevoir l’architecture d’une sécurité commune.
Pouvez-vous nous expliquer, monsieur le ministre, les grandes lignes et les
moyens de ces objectifs ?
La relation franco-allemande dans le domaine de la
défense commune est-elle un premier pas vers une grande Europe de la
défense ?
(Applaudissements
sur les travées de
l’UCR
et de
l’UMP.)
M.
le président. La parole est
à M. le ministre de la défense.
M.
Gérard Longuet,
ministre de
la défense et des anciens combattants. Cher Joël Guerriau,
votre question est parfaitement en lien avec l’actualité.
En effet, au moment où la France et l'Allemagne sont
solidaires pour relancer et rénover la construction économique et
monétaire de l'Europe – François Baroin sera certainement
sollicité par d’autres auteurs de question pour en
témoigner –, il pourrait apparaître que nos deux pays
n’agissent pas autant de concert sur le plan militaire, au moins en
regard du lien privilégié franco-britannique qui s'est exprimé
au travers des accords de Lancaster House et qui s'est traduit par un
engagement commun en Libye, auquel l'Allemagne n'a pas participé. Or il
n’en est rien !
Il est clair que la construction de l'Europe sur le long terme
suppose une politique de sécurité et de défense au sein de
l'Union européenne. Il nous faut donc poursuivre cette lente progression
vers plus d'unité afin d’assurer la relève de l’OTAN,
système hérité de la guerre froide et qui fonctionne encore
aujourd'hui. Cela suppose que les pays européens, au premier rang desquels
la France et l'Allemagne, qui contribuent directement à la solidité
renforcée de la construction économique européenne, aient une
conscience plus forte de leurs responsabilités en matière de
défense et de sécurité.
C'est la raison pour laquelle j'ai reçu Thomas
de Maizière, qui a tenu à s'exprimer devant les parlementaires
français. Lorsqu’il m’a ensuite reçu à Berlin,
j’ai bien entendu souhaité, en retour, m’exprimer devant le
Bundestag, afin de clarifier ce qui nous rapprochait et ce qui nous
éloignait.
Je peux d’ores et déjà annoncer que, lors de
la réunion semestrielle franco-allemande qui se tiendra au mois de
février prochain, nous formulerons des propositions extrêmement
concrètes, que l’état-major de la brigade franco-allemande est
engagé au Kosovo depuis mai 2011 et jusqu’en avril 2012, que
nous mènerons par ailleurs des actions concertées en Afghanistan.
Bien entendu, parallèlement, nous poursuivons les coopérations
capacitaires, principalement sur le NH90 et l’A400M.
Il va de soi que le triangle de Weimar, c'est-à-dire la
Pologne, l'Allemagne et la France, est au cœur de la construction d'un
état-major de réflexion, de planification, d’identification
à l’échelon européen en matière de défense.
Nous sommes donc également au rendez-vous de cette
entente franco-allemande dans le domaine de la défense !
(Applaudissements
sur les travées de
l’UMP
et de
l’UCR.)