Le ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement,
Vu le code de l'éducation ;
Vu l'arrêté du 27 janvier 2010 modifié relatif à l'organisation et aux horaires des enseignements du cycle
terminal des lycées, sanctionnés par le baccalauréat général ;
Vu l'avis du Conseil supérieur de l'éducation du 1er juillet 2010,
Arrête :
Art. 1er. - Le programme d'enseignement obligatoire au choix d'arts en classe de première littéraire,
d'enseignement de spécialité au choix d'arts en classe terminale littéraire et d'enseignement facultatif d'arts au
cycle terminal des séries générales et technologiques est fixé conformément à l'annexe du présent arrêté.
Art. 2. - Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l'année scolaire 2011-2012
pour la classe de première et à la rentrée de l'année scolaire 2012-2013 pour la classe terminale.
Art. 3. - L'arrêté du 20 juillet 2001 fixant le programme des enseignements artistiques dans les classes de
première des séries générales et technologiques est abrogé à compter de la rentrée de l'année scolaire
2011-2012 et l'arrêté du 20 juillet 2001 fixant le programme des enseignements artistiques dans les classes
terminales des séries générales et technologiques est abrogé à compter de la rentrée de l'année scolaire
2012-2013.
Art. 4. - Le directeur général de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui
sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 21 juillet 2010.
Pour le ministre et par délégation :
Le directeur général
de l'enseignement scolaire,
J.-M. BLANQUER
A N N E X E
ARTS
CYCLE TERMINAL
(Enseignements obligatoire et de spécialité en série L)
(Enseignement facultatif toutes séries)
Préambule général
Le cycle terminal des lycées offre aux élèves qui le souhaitent la possibilité de suivre une formation
artistique dans six domaines différents : arts plastiques, cinéma-audiovisuel, danse, histoire des arts, musique et
théâtre. Quelle que soit leur série, tous les lycéens peuvent compléter leur formation par un enseignement
facultatif artistique dans l'un ou l'autre de ces domaines. Les élèves de série L peuvent pour leur part choisir
un enseignement artistique obligatoire dans l'un de ces six domaines. En proportion de l'horaire imparti à
chacun de ces enseignements comme des ambitions poursuivies, ces formations sont prises en compte selon des
formes appropriées pour l'obtention du baccalauréat.
A l'école puis au collège, les élèves ont profité d'un enseignement obligatoire en arts visuels-plastiques et en
éducation musicale. Ils ont développé un ensemble de connaissances induites par l'enseignement obligatoire
d'histoire des arts. Ils ont enfin profité, sous diverses formes, d'actions permettant de découvrir les lieux de
culture de leur environnement, les oeuvres qui y sont présentées et les professionnels et artistes qui les animent.
Entre les enseignements obligatoires et les dispositifs complémentaires relevant de l'éducation artistique et
culturelle, ils ont acquis des connaissances, développé des capacités et construit des attitudes dans ces différents
domaines et souhaitent, au lycée, approfondir ces différentes démarches.
La classe de seconde a permis à chaque élève de faire le point sur ses acquis, ses motivations et les
perspectives offertes pour compléter sa formation scolaire en l'orientant cette fois vers l'horizon de
l'enseignement supérieur, voire du monde professionnel. A ce titre, certains d'entre eux, en suivant un
enseignement d'exploration Création et activités artistiques, ont progressivement construit un projet de
formation dans lequel ils souhaitent s'engager en cycle terminal. D'autres, forts d'une motivation plus sûre, ont
profité d'un enseignement facultatif qui les conduit naturellement à poursuivre leur parcours artistique en cycle
terminal. D'autres enfin, après avoir profité des possibilités offertes par la classe de seconde pour explorer et
découvrir de nouveaux champs de formation non artistiques, souhaitent renouer avec un parcours de formation
artistique interrompu en fin de collège. En cycle terminal, tous les enseignements comme les programmes qui
les fondent sont conçus pour accueillir la diversité des profils issus de l'hétérogénéité de ces parcours
antérieurs.
Suivre un enseignement facultatif ou obligatoire ne nécessite pas de prérequis particulier. La qualité de la
formation générale antérieure d'une part, l'expérience et la connaissance de certains domaines artistiques
d'autre part, enfin la motivation qui préside au choix de formation effectué pour le cycle terminal garantissent
de profiter pleinement de l'un ou l'autre de ces enseignements et d'y réussir, notamment en vue de l'obtention
du baccalauréat.
En fonction des équilibres qui varient selon des spécificités de chaque domaine de formation, l'enseignement
associe la pratique d'un ou plusieurs arts à la découverte et l'étude de ses références culturelles et à la
réflexion sur elles. Adossé aux réalités des expressions artistiques contemporaines, à ses pratiques comme à ses
enjeux, l'enseignement facultatif ou obligatoire amène chaque lycéen à élargir son champ de réflexion sur les
arts et la culture, à faire évoluer ses pratiques par la découverte de celles des autres, à préciser un projet de
formation longue fondé sur un ensemble équilibré de connaissances, capacités et attitudes spécifiques au
domaine concerné.
Chaque programme est organisé selon une architecture commune :
un seul texte présente l'ensemble du programme pour le cycle terminal ;
chaque texte présente un certain nombre d'éléments valables pour l'ensemble du cycle : définitions, enjeux
et objectifs ; compétences de référence ; évaluation, etc. ;
chaque programme présente séparément les contenus qui spécifient, d'une part la classe de première,
d'autre part la classe terminale.
En outre, chacun de ces textes porte une attention particulière aux liens que l'enseignement doit entretenir
avec les programmes parents de la classe de seconde, voire du collège. Cette préoccupation garantit la
cohérence du parcours général de l'élève comme son accueil dans de bonnes conditions de réussite dans l'un
ou l'autre des enseignements proposés en cycle terminal.
Si tous les enseignements artistiques sont placés sous la responsabilité pédagogique des professeurs de
l'éducation nationale, leurs conditions de mise en oeuvre varient selon les disciplines. En arts plastiques et
musique, cette responsabilité est exclusivement exercée par des professeurs recrutés dans les disciplines
correspondantes. En histoire des arts, elle repose sur une équipe pluridisciplinaire coordonnée par un professeur
compétent à cet égard. En cinéma-audiovisuel, en danse et en théâtre, le ou les professeurs responsables
s'adjoigne(nt) obligatoirement le concours d'un partenaire culturel spécialisé (institution culturelle, association),
agréé par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), et des professionnels qui en sont issus. Ces
quatre derniers enseignements sont dispensés par des équipes d'enseignants de diverses disciplines, dont il est
vivement souhaité que tous aient obtenu la certification complémentaire dans le domaine correspondant.
Comme au collège, les enseignements artistiques doivent pouvoir disposer d'espaces et d'équipements
adaptés aux exigences des pédagogies mises en oeuvre. Les dimensions pratiques de la formation supposent
notamment des espaces organisés spécifiquement et dotés parfois d'installations et de mobiliers particuliers. Les
dimensions culturelles, outre l'accès à l'internet, ne peuvent s'envisager qu'avec des outils appropriés
permettant la visualisation sur grand écran et une diffusion sonore de qualité.
Pour tous les enseignements artistiques, les technologies de l'information, de la création et de la
communication pour l'enseignement (TICCE) ouvrent des perspectives nouvelles et sont de précieux auxiliaires
de formation. Les outils d'édition et de création spécifiques à chaque domaine (infographie, édition MIDI et
audionumérique, banc de montage, etc.) permettent d'envisager des démarches exploratoires nouvelles visant la
manipulation puis la maîtrise de processus complexes relatifs à la création artistique et à ses langages. Les
outils de communication et d'information, notamment internet, permettent d'accéder aisément aux oeuvres et à
la documentation qui les accompagne. Ces possibilités, employées au service des objectifs visés par chaque
enseignement artistique, permettent également de développer chez les élèves des compétences spécifiques
relatives à la recherche critique sur internet, à l'usage des grandes familles d'éditeurs ou encore à la
connaissance du droit d'auteur. A tous ces titres, l'équipement spécifique des salles accueillant un
enseignement artistique doit être envisagé avec attention.
ARTS PLASTIQUES AU CYCLE TERMINAL,
ENSEIGNEMENTS OBLIGATOIRE ET DE SPÉCIALITÉ EN SÉRIE L
DÉFINITION ET OBJECTIFS
En cycle terminal, l'enseignement obligatoire des arts plastiques en série L s'appuie sur les connaissances et
compétences acquises par l'élève au cours de sa scolarité. Il repose essentiellement sur l'exercice d'une
pratique. Celle-ci se fonde sur les formes de la création artistique contemporaine et leur mise en relation avec
celles léguées par l'histoire de l'art mais aussi avec d'autres champs de connaissances.L'enseignement des arts
plastiques vise à la compréhension des processus de création, au plan pratique et théorique, à la connaissance
des oeuvres, à la construction d'attitudes artistiques et à l'exercice de la réflexion critique.
Le professeur d'arts plastiques veille à ce que la pratique engagée par l'élève l'aide progressivement à
comprendre les enjeux artistiques fondamentaux. Il introduit ainsi les connaissances et apporte les outils
permettant de comprendre la diversité des formes d'expression plastiques qui traversent l'histoire jusqu'à
aujourd'hui. Ainsi, l'élève ayant bénéficié d'un enseignement artistique aura acquis des compétences qui lui
faciliteront la poursuite d'études en arts ou nécessitant une culture générale solide, ouverte et sensible.
La pratique artistique met une intention à l'épreuve de sa concrétisation. L'élaboration d'une production
plastique conduit nécessairement à la prise en compte de contraintes matérielles qu'il faut adopter, contourner
ou dépasser. Elle développe l'inventivité et affine les capacités expressives de l'élève. Pour en maîtriser tous
les aspects, l'élève expérimente ou perfectionne son usage des outils traditionnels comme de ceux qui se
rapportent aux technologies contemporaines.
En arts plastiques, une culture artistique opérante, structurée et transférable se construit dans le cadre de la
pratique artistique. En appui sur l'histoire de l'art, elle permet à l'élève d'établir des connexions entre les
différentes sources des savoirs et de nourrir l'imaginaire. Elle constitue pour lui un corpus de références
pratiques, historiques et théoriques en regard duquel il viendra situer sa propre pratique plastique. Il pourra
ainsi instaurer un dialogue informé avec les oeuvres d'un passé lointain ou plus récent et celles de son temps.
Cette conception dynamique de la culture ouvre l'accès à un degré de complexité plus grand dans les
interrelations entre invention, expression et réflexion caractéristiques de toute démarche artistique de type
plastique.
D'un point de vue méthodologique, l'enseignant conçoit des situations ouvertes et variées permettant de
transposer dans le domaine scolaire les questions issues du champ artistique. Il conduit l'élève à la découverte
des moyens d'expression pour le faire ainsi progressivement passer du tâtonnement à la maîtrise.
PROGRAMME
Les grands champs de compétences
Les compétences, connaissances et attitudes à faire acquérir et leur évaluation s'inscrivent dans un contexte
pédagogique privilégiant une pratique au cours de laquelle s'articulent action et réflexion, intention et attention.
La réflexion qui s'y trouve régulièrement favorisée donne sens à l'exploration des moyens mise en oeuvre, à
l'acquisition de connaissances, de savoirs et de savoir-faire. Les compétences sont plasticiennes et techniques,
théoriques, culturelles et transversales ou générales. Elles sont réparties en catégories par souci de clarté et
d'efficacité mais en réalité, elles sont associées. Chacune de ces compétences est à relier à une situation
ponctuelle et délimitée qu'est le cours d'arts plastiques.
compétences plasticiennes et techniques (être capable d'associer et de maîtriser des moyens plastiques en
faveur d'intentions forme et sens) :
mobiliser ses connaissances des moyens plastiques et ses capacités expressives et créatives ;
choisir ses propres moyens d'expression en fonction d'un projet ;
appréhender pratiquement le rôle joué par les divers constituants plastiques et matériels et savoir les
utiliser ;
maîtriser les techniques ;
savoir s'adapter à des contraintes matérielles et techniques nouvelles ;
compétences théoriques (être capable d'un recul réflexif quant à sa démarche, quant à la pratique des
autres, et d'analyser de même toute oeuvre d'art) :
du fait de la pratique et de la réflexion menée sur les oeuvres et leur production, savoir les analyser et
en faire apparaître les caractéristiques plastiques sémantiques et artistiques ;
savoir identifier le parti pris artistique et esthétique d'un artiste ;
compétences culturelles (être capable de situer et comprendre une oeuvre quant aux divers enjeux de son
époque et de son pays) :
sur la base d'un vocabulaire descriptif précis et approprié, situer une oeuvre dans son cadre historique et
en faire apparaître les caractéristiques dont elle témoigne ;
savoir mesurer l'impact des innovations techniques sur la création plastique.
A ces compétences strictement disciplinaires il convient d'ajouter nombre de compétences transversales
(maîtrise lexicale, maîtrise informatique...) ainsi que celles se rapportant aux attitudes, au processus, et à la
méthodologie (planifier son travail, utiliser les supports numériques, faire preuve de créativité, exercer son
esprit critique, déduire du sens à partir de documents, s'exprimer d'une façon claire et argumentée, etc.).
Contenus
Deux questions centrales :
Le programme de première porte sur la question de la figuration, et celui de terminale sur celle de l'oeuvre.
Durant le cycle terminal, l'enseignement des arts plastiques vise à faire acquérir à l'élève les compétences
qui lui permettront de comprendre le sens et la portée de ces deux questions fondamentales concernant les
démarches artistiques, passées et contemporaines. C'est toujours sur l'appui d'une pratique sensible et réflexive
que l'élève engage une réflexion sur les conditions et les enjeux de la création artistique dans des contextes
historiques et culturels précis, notamment en considérant les métissages et les apports extraeuropéens dans leurs
acceptions anthropologiques et esthétiques. Il dégagera dans un même temps une réflexion sur le statut de la
technique dans l'expression artistique.
La catégorie générale de l'image y sera présente comme un lieu d'interrogation des pratiques artistiques au
cours du temps. Si l'oeuvre n'est pas nécessairement une image, elle partage avec elle les grands principes de
représentation. La photographie, comme fait social et phénomène esthétique, est une instance de production des
images de notre société moderne qui sera particulièrement prise en compte.
En première, la question du référent et les diverses façons et raisons de le figurer ou non est essentielle.
Ainsi, dans le flux des images, distinguer le représentable de ce qui ne l'est pas, fantasmé ou non, est un axe
de travail à privilégier.
En terminale, la question de l'oeuvre, résultat d'une sédimentation complexe, est à appréhender dans sa
genèse, son parcours et sa relation au spectateur.
Classe de première : la figuration
Ce programme s'articule autour de quatre composantes à traiter séparément et en interrelation. Il consiste à
examiner les composantes fondamentales de l'image pour aboutir à la globalité de l'oeuvre, la question de
l'image photographique pouvant servir d'instrument générique pour aborder les différents champs esthétiques :
nature des référents, couple abstraction-figuration, construction des espaces, temps conjugués, etc.
Figuration et image
Ce point du programme est à aborder sous l'angle de la question de la distance de l'image à son référent : le
trompe-l'oeil, le réalisme, la fiction, le schématique, le symbolique, etc.
Figuration et abstraction
Ce point du programme est à aborder sous l'angle de la question de la présence ou de l'absence du référent :
l'autonomie plastique, le rythme, la gestuelle, le géométrique, l'organique, le décoratif, le spirituel, le
synthétique, etc.
Figuration et construction
Ce point du programme est à aborder sous l'angle de la question des espaces que détermine l'image et qui
déterminent l'image. Toute image est perçue dans un espace d'énonciation : la page, le texte, le mur, la rue,
etc. L'image contient elle-même des espaces : espace littéral, espace suggéré (le point de vue, le cadrage, les
représentations spatiales), espace narratif, etc.
Figuration et temps conjugués
Ce point du programme est à aborder sous l'angle de la question de la relation de l'image au temps. Tout
oeuvre existe dans le présent de son exposition mais travaille des temporalités d'une grande diversité : temps
réel, temps exprimé, temps symbolisé, temps suggéré, temps de réalisation, temps de lecture, temps figuré,
temps du dévoilement, temps juxtaposé. Cette conjugaison des temporalités esthétiques et du présent de
l'image, auquel s'ajoutent ses propres devenirs, permet de poser les questions de l'oeuvre.
Classe terminale : l'oeuvre
L'oeuvre est perpétuellement remise en cause dans ses fondements traditionnels comme unique, achevée et
autonome. D'autres modalités de création se développent, tributaires du développement des objets et des
images (production, reproduction, diffusion, etc.), dont les enjeux peuvent aussi être posés à travers la question
du photographique. Instruments critiques et esthétiques d'une lecture de la modernité, les problématiques
photographiques offrent des clés de lecture pour aborder les questions de l'oeuvre. « Faire oeuvre » engage le
processus créatif de manière globale et ne se limite donc pas à la production d'une oeuvre d'art. Il s'agit ici
d'appréhender les dynamiques qu'entretient la création avec les éléments concrets qui consacrent ses
réalisations : rapports à l'actualité artistique et esthétique, rapports aux étapes de la reconnaissance, condition
de sa réception sensible dans les espaces culturels les plus ouverts.
Depuis les avant-gardes historiques, l'oeuvre est confrontée à la production en masse des photographies.
OEuvre, filiation et ruptures
Ce point du programme est à aborder sous l'angle d'une interrogation de la pratique et de ses résultats
formels au regard des critères institués à différentes époques. Etre moderne ou antimoderne, en rupture ou dans
une tradition. Penser sa pratique à l'aune des valeurs relatives au présent et dans l'histoire. Faire état de
stratégie, goût, sincérité. Suivre, opérer des déplacements, transgresser, etc.
Le chemin de l'oeuvre
Ce point du programme est à aborder sous l'angle d'une analyse du processus global qui fait suite à
l'intuition et à la réflexion : la formalisation de l'oeuvre engage les modes de sa diffusion, de son exposition et
des commentaires qu'elle suscite. Ce cheminement de l'oeuvre mobilise des rapports aux techniques et induit
des choix plastiques déterminant pour porter l'oeuvre en en servant le projet esthétique intrinsèque.
L'espace du sensible
Ce point du programme est à aborder sous l'angle de la relation de l'oeuvre au spectateur. Comment réfléchir
la mise en situation de l'oeuvre dans les espaces de monstration, prendre en compte les éléments techniques
classiques, du socle à la cimaise, jusqu'aux conditions les plus ouvertes, de la projection à l'installation ou tout
autres dispositifs. Les conditions de la perception sensible (regard, sensation, lecture...) sont à anticiper dans
l'élaboration formelle du projet plastique.
L'oeuvre, le monde
Ce point du programme est à aborder sous l'angle du dialogue de l'oeuvre avec la diversité des cultures. Le
contexte mondialisé de l'appréhension de l'oeuvre met en tension la singularité culturelle qui préside à la
création et la dimension globalisée des sensibilités qui lui assurent son existence. Cette tension entre la
dimension locale et mondiale de l'oeuvre en posera les enjeux éthiques et politiques afin de développer
l'ambition d'une pensée humaniste. A travers sa pratique plastique, l'élève de terminale doit se doter d'outils
intellectuels qui lui permettent l'exercice de la pensée critique et du discernement.
En relation avec cette question, un programme limitatif de trois questions renouvelables porte sur la mise en
relation de trois oeuvres importantes, choisies de manière à favoriser une étude approfondie (technique,
plastique, symbolique et poétique). Les deux premières oeuvres sont inscrites dans la production du XXe siècle,
la troisième appartient obligatoirement à une période antérieure.
Classes de première et terminale :
pratique plastique
Les situations d'enseignement, les dispositifs pédagogiques et la pratique plastique qui découlent de ces
questions, la figuration et l'oeuvre, sont à l'initiative du professeur. Celui-ci conçoit, articule et met en oeuvre
des propositions pédagogiques ouvertes et résolutives, d'un degré de complexité croissant. Il veille aussi à
exiger que l'élève produise des travaux d'une haute qualité plastique aux plans technique et sémantique.
Dans un enseignement qui a pour référence une part importante de la création contemporaine ainsi qu'un
grand nombre d'oeuvres léguées par l'histoire, il importe également de tenir compte des métissages et des
recours diversifiés à des champs conceptuels variés.
Un projet d'enseignement des arts plastiques doit être attentif à prendre en compte les savoirs que l'élève
acquiert en dehors de l'école. De plus, il ne peut s'isoler des apports cognitifs des autres disciplines. Ces
apports extérieurs et la nature transversale des savoirs artistiques alimentent des projets pédagogiques qui les
prennent en compte. Il s'agit aussi d'élaborer des outils communs de développement des compétences de
l'élève.
Classes de première et terminale :
culture artistique et histoire des arts
Dans l'enseignement des arts plastiques, culture et pratique sont mises en dialogue étroit et constant. Il s'agit
d'offrir des sources dans lesquelles puiser et de proposer des champs de connaissances qui vont nourrir
l'imaginaire de l'élève. Il s'agit aussi pour lui d'apprendre à découvrir des oeuvres du passé, à ressentir des
affinités, à emprunter et à revisiter des données formelles, techniques, symboliques et sémantiques.
Repérer les références historiques dans les oeuvres ou les récits d'artistes et les étudier est un exercice
fécond. Au-delà de l'inspiration produite par les oeuvres, l'élève doit être capable de défendre un point de vue
critique. De ce fait, il doit aiguiser son sens de l'observation, son désir de connaître et de comprendre ce qui
lui est étranger ou inhabituel. Il développera ainsi son esprit d'expérimentation et de découverte. A cet égard,
l'histoire des arts offre des possibilités d'études transversales. Il revient au professeur, dans le déroulement de
son enseignement, en fonction des questions abordées dans la pratique, de faire appel à des exemples
significatifs et variés, dans un champ historique très large, empruntés à la peinture, à la sculpture, à
l'architecture, à la photographie, mais aussi aux productions, notamment contemporaines, qui se sont
affranchies de ces classifications.
En cycle terminal, il convient de consolider une méthode d'analyse d'oeuvre. L'élève doit apprendre à décrire
l'oeuvre étudiée avec un vocabulaire approprié et spécifique, Il doit organiser sa réflexion autour d'axes
d'études qui sont autant de notions plastiques fondamentales (sujet, couleur, composition, spatialité, etc.). Il
doit apprendre à questionner le traitement de ces notions pour en faire apparaître le sens. Il doit enfin pouvoir
progressivement situer cette oeuvre dans l'espace et le temps, pour la mettre en relation avec d'autres oeuvres
ou mouvements qu'il connaît.
Evaluation des acquis des élèves
L'évaluation est un acte intrinsèque à l'action et au dispositif pédagogique. Selon des objectifs
d'apprentissages précis, et à partir d'informations qualitatives et/ou quantitatives, elle s'attache à attester des
acquis des élèves. La démarche d'évaluation est constante. La méthode et la référence à des critères compris et
intégrés par les élèves doivent être clairement définies, toujours en adéquation avec les compétences visées par
les programmes.
Il s'agit de mesurer l'étendue des connaissances, de vérifier les acquis et de permettre à l'élève de se situer
dans son itinéraire. L'évaluation porte donc également sur la démarche suivie, les étapes franchies, le résultat
obtenu, les savoirs acquis. Dans ce cadre, il importe d'être attentif à estimer les progrès et à repérer les
obstacles, à apprécier les engagements dans la résolution des problèmes et à accorder une importance au
processus de l'apprentissage.
La prise de parole de l'élève fait l'objet d'une attention particulière. Conduite par le professeur, à partir des
productions individuelles ou collectives, elle permet à l'élève de prendre conscience de la singularité de sa
démarche et des divers enjeux de sa réalisation.
ARTS PLASTIQUES AU CYCLE TERMINAL,
ENSEIGNEMENT FACULTATIF TOUTES SÉRIES
DÉFINITION ET OBJECTIFS
L'enseignement facultatif des arts plastiques en cycle terminal est ouvert à tout élève des séries générales et
technologiques quelles que soient les connaissances et les capacités acquises dans ce domaine au cours de sa
scolarité. Il est assuré par le professeur de la discipline, qui veillera à procéder à une mise à niveau de ceux qui
n'auraient pas pu bénéficier jusque-là d'une formation suffisante.
En cycle terminal, cet enseignement repose essentiellement sur l'exercice d'une pratique artistique. Le
professeur d'arts plastiques veille à ce que la pratique ainsi engagée par l'élève l'aide progressivement à
comprendre les enjeux artistiques fondamentaux Celle-ci se fonde sur les formes de la création artistique
contemporaine et leur mise en relation avec celles léguées par l'histoire de l'art mais aussi avec d'autres
champs de connaissances. Il introduit ainsi les connaissances et apporte les outils permettant de comprendre la
diversité des formes d'expressions plastiques qui traversent l'histoire jusqu'à aujourd'hui. Ainsi, l'élève ayant
bénéficié d'un enseignement artistique aura acquis des compétences qui lui faciliteront la poursuite d'études en
arts ou nécessitant une culture générale solide, ouverte et sensible.
La pratique artistique met une intention à l'épreuve de sa concrétisation. Par l'expérience sensible, la
pratique vise à faire expérimenter et comprendre des processus de création et à favoriser la construction
d'attitudes artistiques. L'élaboration d'une production plastique conduit nécessairement à la prise en compte de
contraintes matérielles qu'il faut apprendre à maîtriser, adapter, contourner ou dépasser. Elle développe
l'inventivité et affine les capacités expressives de l'élève. Elle se fonde sur l'exercice d'une pratique critique.
Pour en maîtriser tous les aspects, l'élève expérimente ou perfectionne l'usage des outils traditionnels comme
de ceux qui se rapportent aux technologies contemporaines. La pratique artistique permet à l'élève de
progressivement choisir et développer ses propres moyens d'expression. La diversité des projets suppose des
modes d'expression différents : dessin, peinture, volume, installation, infographie, vidéo coexistent.
En arts plastiques, une culture artistique opérante, structurée et transférable se construit dans le cadre de la
pratique artistique. En appui sur l'histoire de l'art, elle permet à l'élève d'établir des connexions entre les
différentes sources des savoirs et de nourrir l'imaginaire. Elle constitue pour lui un corpus de références
pratiques, historiques et théoriques en regard duquel il viendra situer sa propre pratique plastique. Il pourra
ainsi instaurer un dialogue informé avec les oeuvres d'un passé lointain ou plus récent et celles de son temps.
Cette conception dynamique de la culture ouvre l'accès à un degré de complexité plus grand dans les
interrelations entre invention, expression et réflexion que mobilise toute démarche artistique de type plastique.
D'un point de vue méthodologique, l'enseignant conçoit des situations ouvertes et variées permettant de
transposer dans le domaine scolaire les questions issues du champ artistique. Il conduit l'élève à la découverte
des moyens d'expression pour le faire ainsi progressivement passer du tâtonnement à la maîtrise.
L'enseignement facultatif se caractérise par la place importante accordée aux intérêts et au projet de l'élève.
Les projets peuvent être individuels ou collectifs et plus ou moins complexes. En fonction des projets, des
actions en partenariat peuvent être engagées à l'initiative du professeur.
PROGRAMME
Les grands champs de compétences
Les compétences, connaissances et attitudes à faire acquérir et leur évaluation s'inscrivent dans un contexte
pédagogique privilégiant une pratique au cours de laquelle s'articulent action et réflexion, intention et attention.
La réflexion qui s'y trouve régulièrement favorisée donne sens à l'exploration des moyens mise en oeuvre, à
l'acquisition de connaissances, de savoirs et de savoir-faire. Les compétences sont plasticiennes et techniques,
théoriques, culturelles et transversales ou générales. Elles sont réparties en catégories par souci de clarté et
d'efficacité mais, en réalité, elles sont associées. Chacune de ces compétences est à relier à une situation
ponctuelle et délimitée qu'est le cours d'arts plastiques.
Compétences plasticiennes et techniques (être capable d'associer et de maîtriser des moyens plastiques en
faveur d'intentions forme et sens) :
mobiliser ses connaissances des moyens plastiques et ses capacités expressives et créatives ;
choisir ses propres moyens d'expression en fonction d'un projet ;
appréhender pratiquement le rôle joué par les divers constituants plastiques et matériels et savoir les
utiliser ;
maîtriser les techniques ;
savoir s'adapter à des contraintes matérielles et techniques nouvelles.
Compétences théoriques (être capable d'un recul réflexif quant à sa démarche, quant à la pratique des autres,
et d'analyser de même toute oeuvre d'art) :
du fait de la pratique et de la réflexion menée sur les oeuvres et leur production, savoir les analyser et en
faire apparaître les caractéristiques plastiques sémantiques et artistiques ;
savoir identifier le parti pris artistique et esthétique d'un artiste.
Compétences culturelles (être capable de situer et comprendre une oeuvre quant aux divers enjeux de son
époque et de son pays) :
sur la base d'un vocabulaire descriptif précis et approprié, situer une oeuvre dans son cadre historique et en
faire apparaître les caractéristiques dont elle témoigne ;
savoir mesurer l'impact des innovations techniques sur la création plastique.
A ces compétences strictement disciplinaires il convient d'ajouter nombre de compétences transversales
(maîtrise lexicale, maîtrise informatique...) ainsi que celles se rapportant aux attitudes, au processus, et à la
méthodologie (planifier son travail, utiliser les supports numériques, faire preuve de créativité, exercer son
esprit critique, déduire du sens à partir de documents, s'exprimer d'une façon claire et argumentée, etc.).
Contenus
Le programme est centré sur la question de la représentation, fondamentale au niveau de la classe de
première. En classe terminale, il portera sur la question de la présentation.
Les oeuvres proposées en référence sont prises tant dans le patrimoine que parmi les oeuvres contemporaines,
dans la variété des pratiques artistiques actuelles, en relation avec la question de la représentation.
Classe de première
Le programme se construit autour de la question de la représentation. Toujours abordée en relation avec les
productions des élèves, cette question permet d'interroger :
les procédés de représentation (les outils, les moyens et techniques, les médiums et matériaux utilisés et
leurs incidences) ;
les processus (le cheminement de l'idée à la réalisation, les opérations de mise en oeuvre, la prise en
compte du temps et du hasard, la production finale) ;
les codes (modèle, écart, ressemblance).
Classe terminale
Tout en prolongeant le questionnement sur la représentation abordé en classe de première, et ce qui constitue
l'oeuvre, l'enseignement s'attache à la problématique de la présentation. Dans le cadre d'une pratique réflexive,
les élèves sont conduits à découvrir et exploiter les dispositifs et les stratégies conçus par les artistes pour
donner à voir et ressentir leurs oeuvres et impliquer le spectateur.
L'enseignement prend appui notamment sur les pratiques du XXe siècle, la « présentation » y occupant une
place importante au point d'être parfois l'objet principal de certaines démarches de création.
En relation avec cette problématique, un programme limitatif de trois questions renouvelables porte sur la
mise en relation de trois oeuvres importantes, choisies de manière à favoriser une étude approfondie de
différents dispositifs de « présentation » (techniques, plastiques, symboliques et poétiques). Les deux premières
oeuvres sont inscrites dans la production du XXe siècle, la troisième appartient obligatoirement à une période
antérieure.
La problématique de la présentation est à traiter en considérant à la fois les opérations techniques et
intellectuelles d'élaboration des oeuvres et les modalités de leur réalisation et de leur mise en situation ou de
leur mise en scène. Elle permet d'ouvrir la réflexion et d'acquérir des connaissances sur :
l'aspect matériel de la présentation : le support, la nature, les matériaux et le format des oeuvres ;
tradition, rupture et renouvellements de la présentation : la tradition du cadre et du socle, ses ruptures et
renouvellements contemporains ;
les espaces de présentation de l'oeuvre : l'inscription des oeuvres dans un espace architectural ou naturel
(privé ou public, institutionnel ou non ; pratiques de l'in situ) ;
le statut de l'oeuvre et présentation : le statut de la production ou de l'oeuvre, sa reconnaissance artistique
et ses éventuelles mises en question (« ready-made » ou création élaborée, caractère pérenne ou éphémère,
unité ou éclatement des supports...).
Classes de première et terminale :
culture artistique et histoire des arts
Dans l'enseignement des arts plastiques, la culture et la pratique dialoguent étroitement et constamment. Il
s'agit d'offrir des sources dans lesquelles puiser et de proposer des champs de connaissances qui vont nourrir
l'imaginaire de l'élève. Il s'agit aussi pour lui d'apprendre à découvrir des oeuvres du passé, à ressentir des
affinités, à emprunter et à revisiter des données formelles, techniques, symboliques et sémantiques.
Repérer les références historiques dans les oeuvres ou les récits d'artistes et les étudier est un exercice
fécond. Au-delà de l'inspiration produite par les oeuvres, l'élève doit être capable de défendre un point de vue
critique. De ce fait il doit aiguiser son sens de l'observation, son désir de connaître et de comprendre ce qui lui
est étranger ou inhabituel. Il développera ainsi son esprit d'expérimentation et de découverte. A cet égard,
l'histoire des arts offre des possibilités d'études transversales. Il revient au professeur, dans le déroulement de
son enseignement, en fonction des questions abordées dans la pratique, de faire appel à des exemples
significatifs et variés, dans un champ historique très large, empruntés à la peinture, à la sculpture, à
l'architecture, à la photographie, mais aussi aux productions, notamment contemporaines, qui se sont
affranchies de ces classifications.
En cycle terminal, il convient de consolider une méthode d'analyse d'oeuvre. L'élève doit apprendre à décrire
l'oeuvre étudiée avec un vocabulaire approprié et spécifique, Il doit organiser sa réflexion autour d'axes
d'études qui sont autant de notions plastiques fondamentales (sujet, couleur, composition, spatialité, etc.). Il
doit apprendre à questionner le traitement de ces notions pour en faire apparaître le sens. Il doit enfin pouvoir
progressivement situer cette oeuvre dans l'espace et le temps, pour la mettre en relation avec d'autres oeuvres
ou mouvements qu'il connaît.
Evaluation des acquis des élèves
L'évaluation est un acte intrinsèque à l'action et au dispositif pédagogique. Selon des objectifs
d'apprentissages précis, et à partir d'informations qualitatives et/ou quantitatives, elle s'attache à attester des
acquis des élèves. La démarche d'évaluation est constante. La méthode et la référence à des critères compris et
intégrés par les élèves doivent être clairement définies, toujours en adéquation avec les compétences visées par
les programmes.
Il s'agit de mesurer l'étendue des connaissances, de vérifier les acquis et de permettre à l'élève de se situer
dans son itinéraire. L'évaluation porte donc également sur la démarche suivie, les étapes franchies, le résultat
obtenu, les savoirs acquis. Dans ce cadre, il importe d'être attentif à estimer les progrès et à repérer les
obstacles, à apprécier les engagements dans la résolution des problèmes et à accorder une importance au
processus de l'apprentissage.
La prise de parole de l'élève fait l'objet d'une attention particulière. Conduite par le professeur, à partir des
productions individuelles ou collectives, elle permet à l'élève de prendre conscience de la singularité de sa
démarche et des divers enjeux de sa réalisation.
CINÉMA-AUDIOVISUEL AU CYCLE TERMINAL,
ENSEIGNEMENTS OBLIGATOIRE ET DE SPÉCIALITÉ EN SÉRIE L
ENJEUX ET OBJECTIFS
L'enseignement obligatoire du cinéma-audiovisuel engage l'élève dans un processus de découverte et
d'approfondissement d'une pratique artistique et d'une culture cinématographique et audiovisuelle sur un cycle
de deux ans. Il s'attache à développer les compétences pratiques, la réflexion critique, les connaissances
culturelles et historiques, la conscience des enjeux artistiques de la création cinématographique et audiovisuelle.
Cet enseignement permet de poser la question de la place et de la fonction du cinéma dans une perspective
plus large, celle de l'histoire des arts et de l'histoire sociale et culturelle. Il permet d'appréhender dans leur
globalité les champs cinématographique et audiovisuel sans pour autant prétendre à l'exhaustivité ni à la
préprofessionnalisation. Il associe pratique, analyse et fréquentation des oeuvres notamment en salle, en
recourant à des démarches de projets à la fois individuelles et collectives.
Au sein d'un établissement, cet enseignement partenarial est assuré par une équipe pédagogique associant
avantageusement des enseignants de plusieurs disciplines ayant reçu une formation en cinéma-audiovisuel. Ces
enseignants travaillent en relation étroite avec la ou les structures culturelles partenaires (salles de cinéma
notamment) et un ou plusieurs intervenants professionnels (réalisateurs, scénaristes, monteurs, ingénieurs du
son, etc.). Le croisement des approches et des compétences, la dimension partenariale, l'ouverture active sur le
monde du cinéma et de l'audiovisuel sont constitutifs de cet enseignement. La rencontre avec des
professionnels, la visite de lieux culturels (salle de cinéma et notamment cabine de projection, studio de
tournage), la fréquentation des oeuvres cinématographiques en salle sur grand écran et dans leur format originel
sont essentielles dans cette formation. Dans cette perspective, l'enseignement du cinéma-audiovisuel doit
s'appuyer sur les ressources de l'environnement culturel et tirer parti du calendrier des manifestations
proposées : institutions, festivals divers, spectacles, expositions, etc.
Cet enseignement repose sur une articulation étroite entre pratique artistique et approche culturelle. Pour les
élèves de la série littéraire, il vise les objectifs suivants :
acquérir les principales notions théoriques et pratiques en matière d'images et de sons ;
découvrir et comprendre la notion d'écriture ;
s'approprier des méthodes et pratiques d'écriture en images et en sons ;
construire une culture cinématographique portant sur les grandes étapes et les principaux genres de
l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel ;
développer le regard et la réflexion critiques face aux oeuvres cinématographiques et audiovisuelles.
De la première à la terminale, l'enseignement s'articule autour de dominantes annuelles qui forment un
ensemble complet, progressif et cohérent. La notion de plan qui a fait l'objet d'une étude approfondie dans le
cadre de l'enseignement facultatif en classe de seconde est reprise en première pour aborder l'écriture et la
mise en scène. Les questions et la pratique de la mise en scène et de la réalisation assurent la continuité avec la
classe terminale plus particulièrement centrée sur le montage.
PROGRAMME
Compétences de référence pour l'ensemble du cycle terminal
Tout au long du cycle terminal, l'élève développe des compétences d'ordre artistique, culturel, technique et
méthodologique. En réalité imbriquées, ces compétences sont distribuées ci-dessous en catégories distinctes par
souci de clarté et d'efficacité.
Compétences artistiques et culturelles
L'élève est capable :
d'avoir une vision synthétique des grandes étapes de l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel, de mettre
cette histoire en perspective avec celle des autres arts ;
de distinguer et d'analyser les différents modes et genres d'écritures cinématographiques et audiovisuels
puis les principales pratiques et théories du montage ;
de maîtriser un vocabulaire technique et artistique approprié ;
d'identifier tant dans l'écriture que dans la réalisation l'expression d'un point de vue, c'est-à-dire
l'ensemble des choix et partis pris qui fondent le regard d'un auteur ;
de mesurer l'impact des innovations techniques sur la création cinématographique et audiovisuelle ;
d'associer dans sa démarche d'écriture et de réalisation les composantes techniques et artistiques
indispensables à la cohérence et au sens du projet ;
de réinvestir dans une pratique personnelle tout ou partie des acquis de son cursus (formes et démarches
d'écritures puis choix et pratiques de montage) ;
de situer sa propre pratique d'écriture puis de réalisation ainsi que les oeuvres étudiées par rapport aux
courants et ruptures les plus représentatifs de l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel, notamment en
relation avec quelques écrits théoriques majeurs ;
d'être à l'écoute des autres, au service du projet, sans renoncer à défendre ses choix esthétiques ;
de justifier les contenus, la démarche d'écriture et de réalisation, en référence à des repères artistiques et
esthétiques, et en fonction de choix personnels ;
de porter un regard critique sur son travail et sur celui des autres et d'apprécier le rapport entre intentions
de départ et écriture aboutie, entre écriture et réalisation finale ;
d'avoir une démarche active de spectateur, de s'informer et de choisir parmi les propositions culturelles de
son environnement, de construire sa propre cinéphilie.
Compétences techniques et méthodologiques
L'élève est capable :
de travailler de façon autonome et de s'insérer dans une équipe au service d'un projet collectif, de tirer
profit du regard extérieur pour enrichir et faire évoluer son projet ;
de percevoir l'enchaînement des moments successifs de l'écriture, de lier les démarches d'écriture aux
conditions concrètes de la réalisation, puis d'observer la diversité des aspects de l'écriture filmique et
audiovisuelle tels que le montage les met en cohérence ;
de mobiliser ses connaissances et ses capacités pour les synthétiser dans un processus de création ;
de développer, sur les oeuvres comme sur sa propre production, une démarche d'analyse consciente de ses
outils et de ses méthodes, en faisant la part de son rapport personnel à l'oeuvre et des critères plus
objectifs ;
de pratiquer la recherche documentaire pour approfondir ses connaissances, nourrir son projet ;
d'élaborer une réflexion argumentée, de présenter avec clarté et précision son travail à l'oral comme à
l'écrit, d'expliquer et de justifier ses choix, de participer à un débat.
Evaluation des acquis des élèves
Les compétences présentées ci-dessus aident à construire une progression et à déterminer les critères pour
l'évaluation. Celle-ci obéit aux grands principes suivants :
Elle porte sur les connaissances acquises dans l'analyse des oeuvres et apprécie les compétences construites
en analyse filmique :
capacité à situer une oeuvre ou un extrait dans ses contextes et dans l'histoire du cinéma en particulier ;
connaissance des procédés d'expression cinématographique ;
capacité à développer une démarche d'analyse et à proposer une interprétation fondée sur des éléments
signifiants.
Elle porte sur les compétences acquises dans les travaux écrits préparant progressivement tout au long du
cycle l'épreuve écrite du baccalauréat :
écriture de scénario : capacité à raconter par écrit une histoire en images et en sons sur un thème imposé
et à induire des enjeux dramatiques ;
élaboration d'un découpage technique d'un court fragment de scénario : utilisation des notions concernant
la description et la définition technique des plans ; capacité à créer une mise en scène mettant en valeur
une dramaturgie ;
rédaction d'une note d'intention : capacité à développer un argumentaire ; capacité à exposer un projet
d'écriture à partir d'un thème (sujet 1) ou à construire un projet de réalisation à partir de l'analyse d'un
scénario (sujet 2) ; capacité à justifier les procédés de réalisation qui découlent de ce projet.
Elle porte sur les différentes étapes de l'écriture et de la réalisation, qu'il s'agisse d'exercices ou d'un projet
mené à son terme dans le cadre de la pratique artistique, en appréciant :
la pertinence des choix esthétiques et techniques ;
l'appropriation des connaissances acquises dans l'analyse des oeuvres comme dans la réalisation ;
l'implication de l'élève dans l'équipe et son aptitude à occuper un ou des postes de travail.
Elle prend en compte la capacité de l'élève à affirmer et à défendre son point de vue, ses partis pris
d'écriture et de réalisation. Ce discours critique fait l'objet d'une évaluation spécifique à l'écrit avec la « Note
d'intention ». Il accompagne l'élaboration et la présentation orale des exercices pratiques. Le carnet de bord,
obligatoire en terminale et initié précédemment, est l'un des outils qui permettent à l'élève de construire
progressivement ce regard critique.
Contenus
Classe de première
L'enseignement du cinéma-audiovisuel en classe de première s'organise autour de la notion d'écriture et de
ses liens avec la mise en scène et la réalisation, sans négliger la notion de montage qui constituera l'axe
principal en classe terminale. L'écriture se conçoit et se pratique comme une anticipation et une suggestion
d'images et de sons du film à venir. Elle est indissociable de l'ensemble des choix formels, des dispositifs
techniques et de mise en scène destinés à représenter au mieux, lors du tournage, les choix et partis pris qui
constituent le point de vue de l'auteur. Le niveau, les goûts, les acquis des élèves peuvent conduire à aménager
la progression de la pratique artistique comme de l'approche culturelle.
La pratique artistique
Elle permet à l'élève de maîtriser progressivement de courtes formes d'écriture aussi variées que possible.
Ces écritures sont constamment confrontées à la réalité de la mise en images et en sons par le biais d'exercices
successifs de plus en plus complexes.
La pratique artistique aborde les différents types d'écriture liés aux formes suivantes :
fiction (scénario original ou adaptation) ;
documentaire, essai ;
cinéma expérimental, art vidéo ;
clip, publicité.
Elle expérimente différentes étapes de l'écriture : « pitch », synopsis, note d'intention et traitement,
découpage séquentiel, continuité dialoguée (ou scénario), découpage technique et plan au sol, story-board (ou
scénarimage). Pour la fiction, une attention particulière est accordée au statut et à la caractérisation du ou des
personnages, à la construction du récit filmique.
La pratique d'exercices simples et courts permet d'appréhender la construction progressive d'un point de vue
et les divers traitements des notions suivantes :
le temps : respect ou non-respect de la chronologie dans la narration, ellipse, dilatation, contraction du
temps ;
l'espace : choix et traitement des lieux ; champ et hors-champ ; échelle des plans ; plongée et contre-
plongée ; profondeur de champ ; cadre et mouvements de caméra ; décor naturel, décor artificiel (studio,
virtuel...) ;
les modes de narration : rôle des éléments visuels et sonores dans la scénarisation, caméra subjective ;
procédés de la voix intérieure ou du commentaire ;
l'image et son traitement : lumière, couleur, contraste, infographie, surimpression ;
le son : voix, voix off, bruit, musique ; son diégétique et non diégétique ; matière sonore. Pour sensibiliser
les élèves au travail du son et à ses enjeux, on s'intéressera particulièrement aux relations dynamiques
entre le cadre et le son, à la focalisation sonore (détermination et variations du point d'écoute, relations
avec le point de vue). Le choix de sons diégétiques ou non diégétiques, le passage de l'un à l'autre, dans
la perspective de la réalisation d'une bande son par exemple, constituent également des pistes de travail..
Ces exercices sont l'occasion de prendre conscience de l'importance de la préparation du tournage qui doit
rester ouverte aux notions d'improvisation et d'imprévu, d'expérimenter des moments indispensables de la mise
en scène : direction d'acteurs, composition du cadre, répétitions, prise de son.
L'approche culturelle
En classe de première, elle se donne deux objets : l'étude des différentes pratiques d'écriture et le repérage
des grandes étapes et des principaux genres de l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel des origines à nos jours.
L'étude des différentes pratiques d'écriture
Il s'agit d'observer et d'analyser les pratiques d'écriture cinématographiques et audiovisuelles. Cette étude
permet de poser et d'explorer la question du rapport entre « scénario » et « mise en scène » à travers l'histoire
du cinéma et de l'audiovisuel, à différentes époques et dans différents pays. Elle s'appuie sur divers « objets
d'écriture » (versions successives de scénarios, traitements, découpages, story-boards ou scénarimages, cahiers
de scripts, scripts de tournage, plans de travail) qui éclairent la diversité des partis pris artistiques et des
approches professionnelles.
On peut ainsi découvrir et approfondir :
le fonctionnement des « couples » scénaristes-réalisateurs ou scénaristes-producteurs (dans le système
hollywoodien des studios par exemple) ;
les démarches singulières des scénaristes-dialoguistes, des écrivains-scénaristes, des auteurs-réalisateurs ;
la mise en scène sonore d'une scène de dialogue et la mise en scène de la parole (mise en espace, effets et
enjeux) ;
l'interaction des espaces grâce au son et les effets possibles de complexification d'un scénario ;
le travail spécifique de recherche et d'écriture qu'impliquent le genre documentaire et ses approches
variées (rapport préalable au sujet filmé et modes de préparation très différents selon les auteurs) ;
les méthodes et les codes d'écriture imposés de certaines formes audiovisuelles (films de commande, clips
et publicités, en particulier).
Le repérage des grandes étapes et des principaux genres
de l'histoire du cinéma et de l'audiovisuel, des origines à nos jours
L'étude porte, entre autres, sur les débuts du cinéma (Lumière, Méliès), le burlesque américain, le cinéma
soviétique des années 20, l'expressionnisme allemand, le cinéma français des années 30, le cinéma
hollywoodien classique, le cinéma japonais, le cinéma néoréaliste italien, la nouvelle vague, ainsi que sur les
grands courants et les formes spécifiques de la très récente histoire du cinéma. On privilégie dans cet ensemble
globalement abordé un ou deux éléments que l'on choisit d'approfondir : l'étude d'un genre, d'une période,
l'étude de la cinématographie d'un pays, ou encore d'un auteur, etc.
Elle permet de donner une vision chronologique et synthétique de l'histoire du cinéma et d'identifier les
principaux genres et styles (comédie, mélodrame, film policier, thriller, film musical, biopic, science-fiction,
animation, film historique, documentaire, etc.). Elle conduit à aborder quelques textes théoriques sur le cinéma
et plus largement quelques grandes problématiques esthétiques, mais aussi à articuler histoire du cinéma et
histoire des arts et des techniques.
L'étude donne également quelques repères dans l'histoire de l'audiovisuel, et notamment de la télévision,
afin de permettre aux élèves d'identifier et de situer les principaux genres et formes des réalisations liées à ces
formes et supports particuliers depuis le milieu du XXe siècle, en s'attachant à interroger leur relation avec les
démarches artistiques. Ce repérage peut être l'occasion d'aborder les questions liées à l'économie du cinéma et
de l'audiovisuel (production, distribution, droits d'auteurs) mais aussi plus largement de réfléchir sur la place et
le statut des images et des sons dans la société contemporaine.
Classe terminale
En classe terminale de la série littéraire, l'enseignement du cinéma et de l'audiovisuel réinvestit et consolide
les acquis théoriques et pratiques antérieurs en matière d'image et de son. Il prolonge le travail engagé en
classe de première sur l'écriture du film et les liens unissant écriture et tournage en privilégiant la notion de
montage. Le montage, considéré comme la « troisième écriture » du film, se définit comme l'opération qui
consiste à passer de la discontinuité du tournage à la continuité du film achevé, à partir de l'assemblage et du
mixage des éléments qui sont mis en jeu dans la fabrication et la réalisation du film. Ces éléments sont les
rushes (image et son synchrone, image muette), les sons additionnels (ambiances, effets, doublage, bruitages),
la musique et les effets sonores. Il s'agit de développer la conscience de l'articulation forte entre tournage et
montage, essentielle pour la production de sens et la génération d'émotions dans le film achevé. Le montage
apparaît ainsi comme le moment où tous les éléments issus de l'écriture et du tournage se répondent et se
complètent pour construire la cohérence et l'unité du film.
L'approfondissement de la culture cinématographique et audiovisuelle par la rencontre avec des oeuvres
majeures du patrimoine et de la création contemporaine, resituées dans leur contexte historique, social et
artistique, sera particulièrement éclairé par la perception du montage. La découverte d'oeuvres
cinématographiques et audiovisuelles contemporaines permet d'aborder des formes, des genres hybrides ou en
rupture avec les grands courants.
La pratique artistique
A partir des acquis des années antérieures, l'élève prend conscience à travers sa pratique du processus global
de l'écriture filmique. L'attention particulière portée au montage doit être conçue comme la découverte d'un
savoir-faire et d'opérations spécifiques à travers des exercices courts, progressifs et variés permettant aux
élèves d'explorer et d'approfondir des formes et des méthodes de montage aussi diversifiées que possible, quels
que soient le support des images (pellicule, vidéo, numérique) et l'outil de montage : montage en parallèle à
partir de rushes communs, construction et déconstruction d'images et de sons, modulations de rythmes de
montage, travail sur les raccords, chutes, ponctuations, effets. Ces exercices s'accompagnent d'analyses
comparées et sont éclairés par la référence à des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles significatives. Il
s'agit pour l'élève, de se familiariser avec les outils de montage et de postproduction qui sont à sa disposition
dans l'établissement, d'en prendre toute la mesure et de les utiliser au mieux dans la réalisation de son projet.
Ce travail permet d'appréhender la complexité du montage, sa fonction de « dernière écriture » créative. Il
conduit à une réalisation courte mais aboutie et assumée mettant en oeuvre une démarche globale qui intègre :
des intentions définies par le scénario ;
la confrontation des élèves avec les réalités de tournage (économie, dispositif technique, lieux et décors,
acteurs, équipe de réalisation) ;
le montage comme moment de créativité et de mise en cohérence ;
la confrontation des élèves avec un public.
Cette réalisation peut mettre en oeuvre des dispositifs divers d'images et de sons et aborder différents genres :
fiction, documentaire, animation, essai. Elle est un des éléments qui servent de support au questionnement sur
la démarche de création et sur l'engagement personnel de l'élève au moment de l'évaluation au baccalauréat.
La pratique artistique en classe terminale ne délaisse aucun des aspects de l'art des images et des sons : travail
sur la scénarisation, le point de vue, le jeu des acteurs, sur la qualité de l'image et de la matière sonore. La
notion de point de vue sera étudiée dans ses différentes acceptions, étroitement liées : position de la caméra et
point de « vision », focalisation (point de vue, point d'écoute) et construction cognitive du récit, parti pris et
regard du réalisateur. La pratique doit permettre d'expérimenter les interactions entre les différents sons
(bruitages, paroles, musique), leurs enchaînements et leur hiérarchisation. Au cours de ce travail, les élèves
appréhendent la spécificité du montage sonore, les liens entre image et son dans le montage en lien étroit avec
l'analyse filmique et le travail sur l'histoire du cinéma et les théories du montage. La pratique artistique
articule l'implication individuelle et le travail en équipe qui caractérise la création cinématographique et
audiovisuelle.
L'approche culturelle
En classe terminale, l'approche culturelle du cinéma et de l'audiovisuel prend en compte les acquis de la
classe de première, intègre naturellement l'étude des oeuvres du programme limitatif, et se donne deux objets :
l'étude des principales étapes et théories du montage, et celle des principales cinématographies contemporaines.
Ces oeuvres orientent notamment l'étude du montage sonore et des liens image/son dans le montage. A partir
de films et d'extraits de films qu'il a analysés, comme à partir de ses propres réalisations ou de celles de la
classe, l'élève apprend à lire et à comprendre les différents choix de montage, à en expliciter les effets, le sens
et les enjeux.
Grâce à des temps de confrontation et de débat, l'élève formule plus précisément sa pensée, affine son esprit
critique et développe son sens créatif.
Aussi l'année de terminale est-elle l'occasion, pour l'élève, d'approfondir sa culture en assistant à des
projections de films et d'oeuvres audiovisuelles (notamment en lien avec le programme limitatif), à des
interviews, à des rencontres avec les auteurs et les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel, avec des
critiques, mais également en travaillant sur des écrits critiques, des notes de tournage et de montage, des écrits
d'artistes, des textes illustrant différentes théories de la réalisation et du montage (S.M. Eisenstein, J. Renoir,
R. Bresson, F. Truffaut, W. Wenders...). Ces rencontres, ces travaux de recherche et d'analyse permettent
notamment d'aborder quelques grandes problématiques esthétiques (celles du goût et du beau, de la relation
entre art et technique, entre création et outils, par exemple), de réfléchir a