Le ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'Etat et la ministre
de la santé et des sports,
Vu le code de la santé publique ;
Vu le code de la sécurité sociale ;
Vu l'arrêté du 26 juin 2006 pris pour l'application des articles R. 163-2 et R. 165-1 du code de la sécurité
sociale et relatif aux spécialités remboursables et aux produits et prestations mentionnés à l'article L. 165-1
dudit code ;
Vu l'arrêté du 14 novembre 2006 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux
assurés sociaux ;
Vu l'avis de la Commission de la transparence,
Arrêtent :
Art. 1er. - La liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux est modifiée
conformément aux dispositions qui figurent en annexe I. La fiche d'information thérapeutique prévue à l'article
R. 163-2 du code de la sécurité sociale pour Xolair figure en annexe II du présent arrêté.
Art. 2. - La fiche d'information thérapeutique relative à Xolair qui figurait en annexe de l'arrêté du
14 novembre 2006 susvisé est abrogée.
Art. 3. - Le directeur général de la santé et le directeur de la sécurité sociale sont chargés, chacun en ce
qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié ainsi que ses annexes au Journal officiel de la
République française.
Fait à Paris, le 30 décembre 2009.
La ministre de la santé et des sports,
Pour la ministre et par délégation :
L'adjointe au sous-directeur
La sous-directrice
du financement
de la politique des pratiques
du système de soins,
et des produits de santé,
M. JEANTET
C. LEFRANC
Le ministre du budget, des comptes publics,
de la fonction publique
et de la réforme de l'Etat,
Pour le ministre et par délégation :
L'adjointe au sous-directeur
du financement
du système de soins,
M. JEANTET
A N N E X E I
(2 inscriptions)
Sont inscrites sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux les spécialités suivantes.
La seule indication thérapeutique ouvrant droit à la prise en charge ou au remboursement par l'assurance
maladie est :
Xolair est indiqué, en traitement additionnel, pour améliorer le contrôle de l'asthme chez les adultes et les
adolescents (à partir de 12 ans) atteints d'asthme allergique persistant sévère, ayant un test cutané positif ou
une réactivité in vitro à un pneumallergène perannuel, et qui, malgré un traitement quotidien par un corticoïde
inhalé à forte dose et un bêta-2-agoniste inhalé à longue durée d'action, présentent une réduction de la fonction
pulmonaire (VEMS 80 % de la valeur théorique), des symptômes diurnes ou des réveils nocturnes fréquents,
et des exacerbations sévères, multiples et documentées de l'asthme. Le traitement par Xolair ne doit être
envisagé que chez les patients présentant un asthme dont la dépendance aux IgE a été établie sur des critères
probants (voir rubrique 4.2 du résumé des caractéristiques du produit).
CODE CIP
PRÉSENTATION
34009 392 122 6 5
XOLAIR 75 mg (omalizumab), solution injectable en seringue préremplie de 0,5 ml (B/1) (laboratoires NOVARTIS
PHARMA SAS)
34009 392 124 9 4
XOLAIR 150 mg (omalizumab), solution injectable en seringue préremplie de 1 ml (B/1) (laboratoires NOVARTIS
PHARMA SAS)
Ces spécialités sont prescrites conformément à la fiche d'information thérapeutique figurant à l'annexe II.
A N N E X E I I
FICHE D'INFORMATION THÉRAPEUTIQUE
XOLAIR (omalizumab)
(Laboratoire Novartis Pharma SAS)
I. - Caractéristiques principales
Présentations :
Xolair 150 mg, poudre et solvant pour solution injectable. Boîte de 1 flacon de 150 mg + 1 ampoule de
solvant de 2 ml (CIP : 370 225-7). AMM : 25 octobre 2005.
Xolair 75 mg, solution injectable en seringue préremplie. Boîte de 1 seringue préremplie de 0,5 ml (CIP :
392 122-6). AMM : 10 février 2009.
Xolair 150 mg, solution injectable en seringue préremplie. Boîte de 1 seringue préremplie de 1,0 ml (CIP :
392 124-9). AMM : 10 février 2009.
Principe actif et mode d'action :
L'omalizumab est un anticorps monoclonal humanisé se fixant sur les IgE sériques. Il s'agit du premier
médicament d'une nouvelle classe pharmaco-thérapeutique dans le traitement de l'asthme.
Conditions de prescription :
Liste I. Médicament soumis à prescription initiale hospitalière annuelle. Prescription initiale et
renouvellement réservés aux spécialistes en pneumologie ou en pédiatrie.
II. - Conditions de prise en charge (1)
Indication prise en charge :
Xolair est indiqué, en traitement additionnel, pour améliorer le contrôle de l'asthme chez les adultes et les
adolescents (à partir de 12 ans) atteints d'asthme allergique persistant sévère, ayant un test cutané positif ou
une réactivité in vitro à un pneumallergène perannuel, et qui, malgré un traitement quotidien par un corticoïde
inhalé à forte dose et un bêta-2-agoniste inhalé à longue durée d'action, présentent une réduction de la fonction
pulmonaire (VEMS 80 % de la valeur théorique), des symptômes diurnes ou des réveils nocturnes fréquents,
et des exacerbations sévères, multiples et documentées de l'asthme.
Le traitement par Xolair ne doit être envisagé que chez les patients présentant un asthme dont la dépendance
aux IgE a été établie sur des critères probants.
Seuls les patients ayant un taux d'IgE sériques totales compris entre 30 et 700 UI/ml et ayant un poids pour
lequel la posologie a été établie (voir annexe 2) pourront être mis sous traitement par omalizumab.
Médicament d'exception.
Taux de remboursement : 65 %.
(1) Avis de la Commission de la transparence du 4 janvier 2006 et du 13 mai 2009.
III. - Place dans la stratégie thérapeutique
1. Stratégie thérapeutique de référence
Le traitement habituel de l'asthme persistant sévère comporte un corticoïde inhalé à forte dose associé à un
traitement bronchodilatateur continu par agoniste de longue durée d'action inhalé.
2
En cas de mauvais contrôle de l'asthme malgré une corticothérapie inhalée à forte dose associée à un
agoniste de longue durée d'action inhalé, on a classiquement recours à un traitement additionnel par
2
corticothérapie orale en cures courtes ou continue. Il faut alors procéder à des tentatives régulières de sevrage
visant à en réduire la posologie ou à la supprimer.
Un mauvais contrôle de l'asthme est défini par :
une réduction de la fonction pulmonaire (VEMS 80 % de la valeur théorique) ;
des symptômes diurnes ou des réveils nocturnes fréquents ; et
des exacerbations sévères, multiples et documentées de l'asthme.
2. Place de l'omalizumab
L'omalizumab, anticorps monoclonal anti-IgE, s'insère dans la stratégie thérapeutique comme traitement
additionnel chez les patients atteints d'asthme persistant sévère d'origine allergique lorsqu'il est mal contrôlé
par une corticothérapie inhalée à forte dose et un agoniste de longue durée d'action inhalé.
2
L'omalizumab est une alternative à la corticothérapie orale. Aucune étude n'a montré que l'omalizumab
permettait une épargne en corticoïdes oraux (voir les études cliniques en annexe).
IV. - Utilisation pratique
1. Conditions de prescription et de mise sous traitement
Le traitement par Xolair doit être instauré par un médecin expérimenté dans le diagnostic et le traitement de
l'asthme persistant sévère.
L'origine allergique de l'asthme doit être établie à l'aide d'un test cutané ou un RAST positif à un
pneumallergène perannuel.
La mise sous traitement ne doit se faire qu'après avoir vérifié ou tenté d'améliorer l'observance du
traitement initial.
Le taux d'IgE sériques totales du patient devra être déterminé avant la mise en route du traitement afin de
définir la dose et la fréquence d'administration. Seuls les patients ayant un taux d'IgE sériques totales compris
entre 30 et 700 UI/ml et ayant un poids pour lequel la posologie a été établie (voir annexe 2) pourront être
traités par omalizumab. Les patients qui présentent un taux d'IgE inférieur à 76 UI/ml sont moins susceptibles
de tirer bénéfice du traitement. Les médecins prescripteurs devront s'assurer que ces patients ont une réactivité
significative in vitro (RAST) à un allergène perannuel avant de débuter le traitement.
L'omalizumab est réservé aux patients adultes et adolescents à partir de 12 ans.
2. Posologie et mode d'administration
La dose et la fréquence d'administration adaptées de Xolair sont déterminées en fonction du taux initial
d'IgE (UI/ml), mesuré avant le début du traitement, et du poids corporel (kg). En fonction de ces mesures, une
dose de Xolair allant de 75 à 375 mg en 1 à 3 injections pourra être nécessaire lors de chaque administration
(voir le RCP pour les tables de détermination de la dose administrée toutes les 2 ou 4 semaines).
La dose maximale recommandée est de 375 mg d'omalizumab toutes les deux semaines.
La voie d'administration est uniquement sous-cutanée (ne pas administrer par voie intraveineuse ou
intramusculaire).
Le patient ne peut s'auto-injecter le produit. L'administration de Xolair doit être faite obligatoirement par un
professionnel de santé qui devra respecter les contraintes de temps liées à la reconstitution du produit (15 à
20 min sont nécessaires pour dissoudre totalement le produit lyophilisé). Les injections sous-cutanées seront
faites dans la région deltoïde du bras. En cas d'impossibilité, elles pourront être réalisées dans la cuisse.
3. Durée du traitement, suivi et ajustements posologiques
L'efficacité du traitement devra être réévaluée après quatre mois de traitement avant de décider sa poursuite.
Cette évaluation doit tenir compte du DEP, des symptômes diurnes et nocturnes, du recours à un traitement de
secours, de la spirométrie et des exacerbations. La décision de poursuivre le traitement par Xolair se basera sur
l'observation d'une amélioration du contrôle de l'asthme par le médecin.
En cas de variation importante du poids corporel, les doses devront être réajustées (voir tableaux en annexe).
L'arrêt du traitement par Xolair entraîne généralement un retour à des taux élevés d'IgE circulantes libres et
des symptômes associés.
Le taux d'IgE totales peut être élevé au cours du traitement et peut le rester jusqu'à un an après l'arrêt du
traitement. Par conséquent, un nouveau dosage des IgE au cours du traitement par Xolair ne peut pas être
utilisé pour déterminer les doses à administrer. Après une interruption de traitement de moins d'un an, la dose
à administrer sera déterminée sur la base du taux d'IgE sériques mesuré lors de la détermination de la dose
initiale. Si le traitement par Xolair a été interrompu pendant un an ou plus, un nouveau dosage du taux d'IgE
sériques totales pourra être réalisé pour déterminer la dose à administrer.
Sujet âgé (65 ans et plus) : les données disponibles chez les patients de plus de 65 ans sont limitées, mais
rien ne suggère que ces patients aient besoin d'une posologie spécifique.
Enfant (moins de 12 ans) : la tolérance et l'efficacité de Xolair n'ont pas été établies chez les enfants de
moins de 12 ans ; son utilisation chez ces patients est donc déconseillée.
V. - Spécifications économiques et médico-sociales
Coût du traitement
CODE CIP
PRÉSENTATION
PPTTC
34009 392 122 6 5
XOLAIR 75 mg (omalizumab), solution injectable en seringue préremplie de
224,23
0,5 ml (B/1) (laboratoires NOVARTIS PHARMA SAS)
34009 392 124 9 4
XOLAIR 150 mg (omalizumab), solution injectable en seringue préremplie de
430,99
1 ml (B/1) (laboratoires NOVARTIS PHARMA SAS)
34009 370 225 7 6
XOLAIR 150 mg (omalizumab), poudre et solvant pour solution injectable,
430,99
poudre en flacon + solvant en ampoule (B/1) (laboratoires NOVARTIS PHARMA
SAS)
Coût de traitement maximum : 1 086,21 euros toutes les deux semaines.
Conditions de prise en charge :
Taux de remboursement : 65 %.
Pour ouvrir droit à ce remboursement, la prescription doit être effectuée sur une ordonnance de médicament
d'exception. Elle doit être conforme aux indications mentionnées dans la présente fiche.
Adresser toute remarque ou demande d'information complémentaire à la Haute Autorité de santé, DEAPS,
2, avenue du Stade-de-France, 93218 Saint-Denis-La-Plaine Cedex.
Annexe
Etudes cliniques
A. - Efficacité
Une seule étude pivot (randomisée, en double-aveugle, multicentrique) a été réalisée chez des patients
correspondant à l'indication validée. Elle a comparé l'efficacité de l'omalizumab à celle du placebo dans une
population de 419 patients atteints d'asthme allergique persistant sévère (40 %
VEMS 80 % des valeurs
prédites, réversibilité du VEMS
12 % et taux d'IgE sériques totales de 30 et 700 UI/ml avec test cutané
positif à au moins un allergène perannuel).
Après 28 semaines de traitement et ajustement des valeurs en fonction de la fréquence des exacerbations à
l'entrée dans l'étude, l'omalizumab a diminué de façon significative le taux d'exacerbations cliniquement
significatives (aggravation de l'asthme nécessitant le recours à une corticothérapie par voie orale ou
intraveineuse) par rapport au placebo : 0,68 exacerbation/patient sous omalizumab contre 0,91 sous placebo, ce
qui correspond à une exacerbation évitée tous les deux ans.
Une réduction du même ordre, statistiquement significative, a été obtenue sur le taux d'exacerbations
sévères, définies par un DEP ou un VEMS 60 % des meilleures valeurs personnelles ( 0,24 exacerbation
sévère/patient, soit une exacerbation sévère évitée tous les deux ans), et sur le nombre de recours aux soins en
urgence ( 0,26 recours/patient).
La proportion de patients ayant eu une amélioration cliniquement pertinente (
0,5) du score global de
qualité de vie (questionnaire validé de Juniper) a été significativement plus importante sous omalizumab que
sous placebo (60,8 % versus 47,8 %).
Quoique significatifs et cliniquement pertinents, ces effets peuvent être considérés comme quantitativement
modérés.
Par ailleurs, les améliorations observées par rapport au placebo sur le DEP et le VEMS, bien que
statistiquement significatives, ne sont pas cliniquement pertinentes (+ 11 l/min pour le DEP du matin et + 94 ml
sur le VEMS).
Le maintien de l'efficacité n'est pas établi au-delà de 28 semaines.
B. - Tolérance
Les données de tolérance ont montré que l'omalizumab a été bien toléré, les effets indésirables les plus
fréquemment rapportés ayant été des réactions au site d'injection, de la fatigue et des céphalées.
Cependant, une augmentation de la fréquence des cancers ne peut être exclue à long terme. Le plan de
gestion du risque validé par l'EMEA fournira des données sur ce point.