création d'un échangeur sur
l'autoroute a26
M.
le président. La parole est
à M. Antoine Lefèvre, auteur de la question n° 1382,
adressée à M. le ministre chargé des transports.
M.
Antoine Lefèvre. Monsieur le
président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers
collègues, ma question s’adresse à M. le ministre
chargé des transports.
L’autoroute A26, qui relie Calais à Troyes, en
passant, monsieur le secrétaire d'État, par votre ville de
Châlons-en-Champagne, traverse le département de l’Aisne dans
un axe nord-ouest/sud-est, par Saint-Quentin et Laon.
Géré par la SANEF, la Société des
autoroutes du nord et de l’est de la France, cet axe ne compte, sur une
distance de cinquante kilomètres, qu’un seul accès entre la
ville-préfecture de Laon et Reims : la sortie Guignicourt.
Les élus des communes sises entre la sortie 13 Laon
et la sortie 14 Guignicourt réclament une étude de
faisabilité quant à l’installation d’un échangeur,
à proximité de Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt, avec la D18, un
aménagement qu’ils évoquent régulièrement depuis une
quinzaine d’années.
En effet, le trajet entre ces sorties est de quarante
kilomètres environ, et la communauté de communes de la Champagne
picarde, qui regroupe quarante-huit communes situées de part et
d’autre du tracé, souhaite que les habitants du territoire et les
entreprises puissent accéder à l’A26 sans devoir
« remonter » au nord de Laon ou
« descendre » vers Reims. D’ailleurs, la
communauté de communes des Portes de la Thiérache, située plus
au nord, et qui compte vingt-neuf communes, s’associe pleinement à
cette démarche.
S’ajoute à cela un phénomène
nouveau : le covoiturage.
En effet, ce grand axe dessert les bassins d’emplois de
Laon et de Saint-Quentin au nord et, plus loin encore, d’Amiens, ainsi
que de Reims, vers le sud.
Dans le cadre des déplacements domicile-travail, des
usagers utilisent tous les jours ce mode de transport que constitue le
covoiturage. Or ils sont gênés par le manque récurrent de places
de stationnement autour des aires de péage, notamment à Laon.
Ce nouvel échangeur, situé en milieu de parcours et
doté d’un parking dédié au covoiturage, aurait une
fréquence d’accès identique à celle des autres portions de
l’autoroute. Il faciliterait non seulement le trafic dans cette partie du
département, mais aussi le développement de la pratique du
covoiturage. Récemment, sur l’autoroute A4, qui traverse le
département dans sa partie sud, une aire de parking pour le covoiturage a
été inaugurée à la sortie Château-Thierry.
À l’heure où l’on parle
d’écologie et d’économie, une telle structure est de
nature à inciter nos concitoyens travaillant dans ces secteurs à y
laisser leur voiture particulière durant la journée.
Monsieur le secrétaire d'État, je n’ignore pas
le coût d’un tel échangeur, qui avoisine les 10 millions
d’euros. Toutefois, pouvez-vous nous en dire plus sur la mise en
œuvre d’une étude de faisabilité et sur les modalités
de financement de cet aménagement, sachant que cette demande émane de
deux communautés de communes rurales aux capacités financières
limitées ?
M.
le président. La parole est
à M. le secrétaire d'État.
M.
Benoist Apparu,
secrétaire
d'État auprès de la ministre de l'écologie, du
développement durable, des transports et du logement, chargé du
logement. Monsieur le sénateur, je vous remercie d’avoir
posé cette question, qui permet au Gouvernement de souligner le rôle
essentiel joué par le réseau routier national dans
l’aménagement du territoire, et plus précisément par
l’A26 que vous avez citée.
Cet axe, qui relie directement Reims à la Picardie, fait
ainsi partie intégrante d’une « rocade large »
qui contourne, par le nord-est, l’Île-de-France.
Le projet de réalisation de l’échangeur de
Saint-Erme/Sissonne, destiné à améliorer la desserte de la
Champagne picarde, a fait l’objet d’une première analyse
en 1997. Le coût global de l’opération était alors
apparu hors de proportion avec les avantages que pouvait procurer
l’implantation de cet échangeur.
C’est avec sagesse qu’il avait été
décidé à l’époque de surseoir au projet, afin de ne
pas engager les collectivités locales concernées dans des
dépenses trop importantes.
Je sais, monsieur le sénateur, que de nouvelles
études de trafic actualisées en juin 2007 ont été
réalisées sur l’initiative de la communauté de communes de
la Champagne picarde. Ces études ont été transmises à la
SANEF, qui a procédé à une nouvelle analyse
socio-économique présentant les avantages et les inconvénients
de cet aménagement, ainsi qu’une estimation du coût de
l’opération.
Il ressort de cette analyse que l’échangeur sera
largement déficitaire et que les recettes attendues ne couvriront pas les
charges en termes d’investissement et de fonctionnement. Le bilan
n’est, à l’évidence, pas favorable à cet
aménagement, qui ne pourrait être mis en place que moyennant une
participation financière très significative des collectivités
locales.
M. le ministre chargé des transports, Thierry
Mariani, a demandé à la société concessionnaire de
communiquer ces éléments d’information aux collectivités
concernées, ce qu’elle doit prochainement faire.
Les collectivités doivent donc désormais
s’engager sur cette question que je sais sensible et épineuse. Leur
accord conditionnera évidemment la suite du projet.
Telle est la réponse que le Gouvernement souhaitait
apporter à votre question, qui est importante pour le développement
de la Champagne picarde.
M.
le président. La parole est
à M. Antoine Lefèvre.
M.
Antoine Lefèvre. Monsieur le
secrétaire d'État, je suis quelque peu déçu par les
éléments de réponse que vous m’avez apportés. Cela
dit, j’attends avec impatience les conclusions de l’étude
conduite par la SANEF, et j’espère qu’elles ne confirmeront
pas vos propos. Il reviendra effectivement aux collectivités
concernées d’examiner le dossier en fonction des données
transmises.