NetJO.fr


Décret n° 2009-1372 du 6 novembre 2009 portant publication de l'accord sous forme d'échange de lettres relatives à la garantie des investisseurs entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco, signées à Monaco et Paris le 8 novembre 2005

NOR : MAEJ0925414D



J.O du 11/11/2009 (Texte 17)  > Décrets, arrêtés, circulaires  > textes généraux  > ministère des affaires étrangères et européennes

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et européennes,
Vu les articles 52 à 55 de la Constitution ;
Vu la loi no 2009-714 du 18 juin 2009 autorisant l'approbation de l'accord sous forme d'échange de lettres
relatives à la garantie des investisseurs entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement
de Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco ;
Vu le décret no 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements
internationaux souscrits par la France ;
Vu le décret no 88-777 du 22 juin 1988 portant publication de l'accord sous forme d'échange de lettres en
date du 27 novembre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Son
Altesse Sérénissime le Prince de Monaco, modifiant l'échange de lettres du 18 mai 1963 relatif à la
réglementation bancaire dans la Principauté de Monaco,
Décrète :
Art. 1er. - L'accord sous forme d'échange de lettres relatives à la garantie des investisseurs entre le
Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Son Altesse Sérénissime le Prince de
Monaco, signées à Monaco et Paris le 8 novembre 2005, sera publié au Journal officiel de la République
française.
Art. 2. - Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères et européennes sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République
française.
Fait à Paris, le 6 novembre 2009.
NICOLAS SARKOZY
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
FRANÇOIS FILLON
Le ministre des affaires étrangères
et européennes,
BERNARD KOUCHNER
(1) Le présent accord est entré en vigueur le 16 juillet 2009.
A C C O R D
SOUS FORME D'ÉCHANGE DE LETTRES RELATIVES À LA GARANTIE DES INVESTISSEURS ENTRE LE
GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LE GOUVERNEMENT DE SON ALTESSE SÉRÉNISSIME
LE PRINCE DE MONACO
PRINCIPAUTÉ DE MONACO
LE MINISTRE D'ÉTAT
Monaco, le 8 novembre 2005.
Monsieur le Secrétaire général,
A la suite des entretiens qui se sont déroulés entre les représentants de nos deux pays au sujet de la garantie
des investisseurs, j'ai l'honneur de vous proposer ce qui suit :
« La Principauté de Monaco, dans le cadre de ses engagements internationaux et, en particulier, de la
Convention monétaire du 24 décembre 2001, a souhaité assurer que tous les établissements dépositaires
d'instruments financiers sur son territoire adhèrent à un mécanisme de garantie des investisseurs compatible
avec les standards adoptés par l'Union européenne. Par ailleurs, les modifications intervenues dans le Code
monétaire et financier français, dont les dispositions d'ordre prudentiel relatives aux établissements de crédit
sont directement applicables à Monaco en application de la Convention franco-monégasque du 14 avril 1945 et
des différents échanges de lettres intervenus depuis lors pour en préciser la portée et les modalités pratiques
d'exécution, ont confié aux autorités bancaires l'agrément et le contrôle prudentiel de l'activité de tenue de
compte conservation qui est couverte par le mécanisme de garantie des investisseurs.
Dans ces conditions, il a été convenu de rendre applicables à Monaco les dispositions du Code monétaire et
financier relatives à la garantie des investisseurs et à l'agrément et au contrôle prudentiel de l'activité de
conservation d'instruments financiers.
Les autres dispositions juridiques relatives à l'activité de conservation ou d'administration d'instruments
financiers relèvent du droit monégasque. Cependant considérant qu'il convient, dès lors que les établissements
monégasques pourront adhérer au mécanisme français de garantie des investisseurs, qu'ils soient soumis à des
règles équivalentes à celles auxquelles sont soumis ceux établis en France, le Gouvernement Princier s'engage
à assurer que les dispositions en la matière soient équivalentes aux règles applicables en droit français et
conformes aux standards internationaux.
Un point régulier sera fait avec les autorités françaises compétentes afin d'assurer une évolution parallèle et
cohérente des législations et de leur application.
Dans cet esprit, je vous propose, dans le maintien des principes posés et des interprétations déjà données,
d'ajuster comme suit les échanges de lettres antérieurs.
Article 1er
Les établissements de crédit exerçant dans la Principauté une activité de conservation ou d'administration
d'instruments financiers adhèrent au mécanisme de garantie des titres mentionné à l'article L. 322-1 du Code
monétaire et financier et géré par le Fonds de garantie des dépôts mentionné à l'article L. 312-4 du même
Code.
Article 2
Ils sont soumis à l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires prévues par le Code monétaire et
financier relatives à l'agrément et à la surveillance prudentielle de cette activité ainsi qu'à la mise en oeuvre du
mécanisme de garantie en tenant compte des dispositions spécifiques de la loi monégasque en droit pénal et en
droit des sociétés et des attributions de contrôle confiées, à Monaco, à la Commission de contrôle de la gestion
de portefeuilles et des activités boursières assimilées. Les établissements de crédit exerçant à la date de
publication du présent échange de lettres une activité de conservation ou d'administration d'instruments
financiers à Monaco sont réputés avoir reçu l'agrément prévu par les articles L. 532-3 et L. 542-1 pour
l'exercice de cette activité.
Pour la mise en oeuvre du mécanisme de garantie des titres, la demande d'intervention du Fonds de garantie
des titres par la Commission bancaire intervient après avis de la Commission de contrôle de la gestion de
portefeuilles et des activités boursières assimilées.
Article 3
La Commission bancaire et la Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités
boursières assimilées échangent des informations sur l'activité de conservation ou d'administration
d'instruments financiers exercée par les établissements de crédit à Monaco. A cette fin, elles conviennent des
modalités de leur coopération, notamment lors des contrôles sur place, en vue de l'application du présent
accord.
La Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités boursières assimilées informe la
Commission bancaire des sanctions prononcées à l'encontre des établissements de crédit à l'occasion de leur
activité de conservation ou d'administration d'instruments financiers.
La Commission bancaire transmet ces informations à l'Autorité des marchés financiers et au Fonds de
garantie des dépôts.
La Commission bancaire informe la Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités
boursières assimilées des sanctions prononcées à l'encontre des établissements de crédit à l'occasion de leur
activité de conservation ou d'administration d'instruments financiers exercée à Monaco.
Article 4
Les difficultés éventuelles d'application du présent accord seront réglées par le groupe de travail institué par
l'article 4 de l'échange de lettres en date du 27 novembre 1987.
Article 5
Les autorités françaises informent les autorités monégasques de toute évolution de la réglementation
française et les autorités monégasques s'engagent à assurer la cohérence de leur réglementation avec ces
évolutions.
L'application du présent accord peut être suspendue à la demande de l'une des parties s'il apparaissait que
l'équivalence des réglementations applicables et leur mise en oeuvre n'étaient pas assurées. »
Je vous serais obligé de me faire savoir si les dispositions qui précèdent recueillent l'agrément de votre
Gouvernement. Dans ce cas, la présente lettre, ainsi que votre réponse, constitueront l'accord entre nos deux
Gouvernements sur la garantie des investisseurs. Cet accord entrera en vigueur à la date de réception de la
seconde des notifications par lesquelles les parties s'informent mutuellement de l'accomplissement des
procédures internes requises pour l'entrée en vigueur de cet accord.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, l'expression de ma considération distinguée.
JEAN-PAUL PROUST
MINISTÈRE
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
Paris, le 8 novembre 2005.
Monsieur le Ministre d'Etat,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 8 novembre 2005 relative à la garantie des investisseurs
dont les dispositions sont les suivantes :
« La Principauté de Monaco, dans le cadre de ses engagements internationaux et, en particulier, de la
Convention monétaire du 24 décembre 2001, a souhaité assurer que tous les établissements dépositaires
d'instruments financiers sur son territoire adhèrent à un mécanisme de garantie des investisseurs compatible
avec les standards adoptés par l'Union européenne. Par ailleurs, les modifications intervenues dans le Code
monétaire et financier français, dont les dispositions d'ordre prudentiel relatives aux établissements de crédit
sont directement applicables à Monaco en application de la Convention franco-monégasque du 14 avril 1945 et
des différents échanges de lettres intervenus depuis lors pour en préciser la portée et les modalités pratiques
d'exécution, ont confié aux autorités bancaires l'agrément et le contrôle prudentiel de l'activité de tenue de
compte conservation qui est couverte par le mécanisme de garantie des investisseurs.
Dans ces conditions, il a été convenu de rendre applicables à Monaco les dispositions du Code monétaire et
financier relatives à la garantie des investisseurs et à l'agrément et au contrôle prudentiel de l'activité de
conservation d'instruments financiers.
Les autres dispositions juridiques relatives à l'activité de conservation ou d'administration d'instruments
financiers relèvent du droit monégasque. Cependant considérant qu'il convient, dès lors que les établissements
monégasques pourront adhérer au mécanisme français de garantie des investisseurs, qu'ils soient soumis à des
règles équivalentes à celles auxquelles sont soumis ceux établis en France, le Gouvernement Princier s'engage
à assurer que les dispositions en la matière soient équivalentes aux règles applicables en droit français et
conformes aux standards internationaux.
Un point régulier sera fait avec les autorités françaises compétentes afin d'assurer une évolution parallèle et
cohérente des législations et de leur application.
Dans cet esprit, je vous propose, dans le maintien des principes posés et des interprétations déjà données,
d'ajuster comme suit les échanges de lettres antérieurs.
Article 1er
Les établissements de crédit exerçant dans la Principauté une activité de conservation ou d'administration
d'instruments financiers adhèrent au mécanisme de garantie des titres mentionné à l'article L. 322-1 du Code
monétaire et financier et géré par le Fonds de garantie des dépôts mentionné à l'article L. 312-4 du même
Code.
Article 2
Ils sont soumis à l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires prévues par le Code monétaire et
financier relatives à l'agrément et à la surveillance prudentielle de cette activité ainsi qu'à la mise en oeuvre du
mécanisme de garantie en tenant compte des dispositions spécifiques de la loi monégasque en droit pénal et en
droit des sociétés et des attributions de contrôle confiées, à Monaco, à la Commission de contrôle de la gestion
de portefeuilles et des activités boursières assimilées. Les établissements de crédit exerçant à la date de
publication du présent échange de lettres une activité de conservation ou d'administration d'instruments
financiers à Monaco sont réputés avoir reçu l'agrément prévu par les articles L. 532-3 et L. 542-1 pour
l'exercice de cette activité.
Pour la mise en oeuvre du mécanisme de garantie des titres, la demande d'intervention du Fonds de garantie
des titres par la Commission bancaire intervient après avis de la Commission de contrôle de la gestion de
portefeuilles et des activités boursières assimilées.
Article 3
La Commission bancaire et la Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités
boursières assimilées échangent des informations sur l'activité de conservation ou d'administration
d'instruments financiers exercée par les établissements de crédit à Monaco. A cette fin, elles conviennent des
modalités de leur coopération, notamment lors des contrôles sur place, en vue de l'application du présent
accord.
La Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités boursières assimilées informe la
Commission bancaire des sanctions prononcées à l'encontre des établissements de crédit à l'occasion de leur
activité de conservation ou d'administration d'instruments financiers.
La Commission bancaire transmet ces informations à l'Autorité des marchés financiers et au Fonds de
garantie des dépôts.
La Commission bancaire informe la Commission de contrôle de la gestion de portefeuilles et des activités
boursières assimilées des sanctions prononcées à l'encontre des établissements de crédit à l'occasion de leur
activité de conservation ou d'administration d'instruments financiers exercée à Monaco.
Article 4
Les difficultés éventuelles d'application du présent accord seront réglées par le groupe de travail institué par
l'article 4 de l'échange de lettres en date du 27 novembre 1987.
Article 5
Les autorités françaises informent les autorités monégasques de toute évolution de la réglementation
française et les autorités monégasques s'engagent à assurer la cohérence de leur réglementation avec ces
évolutions.
L'application du présent accord peut être suspendue à la demande de l'une des parties s'il apparaissait que
l'équivalence des réglementations applicables et leur mise en oeuvre n'étaient pas assurées. »
J'ai l'honneur de vous faire part de l'accord de mon Gouvernement sur les dispositions qui précèdent. Dans
ces conditions, le présent accord entrera en vigueur à la date de réception de la seconde des notifications par
lesquelles les parties s'informent mutuellement de l'accomplissement des procédures internes requises pour
l'entrée en vigueur de cet accord.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre d'Etat, l'expression de ma considération distinguée.
JEAN-PIERRE LAFON